Les arbres du Vésinet

Propriétés dont les parcs arborés bordent la pelouse des fêtes

L’arbre, élément majeur de l’identité paysagère

La forêt du Vésinet, domaine des chasses royales depuis le 17ème siècle, a subi une rapide mutation au cours du 19ème siècle avec l’apparition de la première ligne ferroviaire reliant Paris à St Germain-en-Laye en 1837 puis la création du lotissement du Vésinet vingt ans plus tard.
La composition paysagère de la ville-parc imaginée par le comte de Choulot s’est naturellement dessinée sur le socle de la forêt. Des espaces publics dégagés (pelouses, lacs et rivières, tracés curvilignes des voies) ont remanié le couvert boisé. Toutefois, le tracé de quelques voies forestières a été préservé.


Les cartes postales publicitaires du Lotissement des Charmettes, dernière grande opération immobilière réalisée autour de 1925, nous fournissent une image de ce que pouvait être la forêt du Vésinet avant le développement de la « colonie » en 1858.

Le domaine privé s’est structuré sur un tissu de parcelles boisées, parfois de grandes superficies, préservant les arbres d’intérêt et participant à la mise en scène paysagère des nouvelles demeures au sein de parcs qui subsistent aujourd’hui.

Composition paysagère en bordure du Lac de Croissy.

 

Plus d’un siècle et demi plus tard, le concept de la ville-parc est relativement bien préservé. On observe que 80% du couvert arboré s’étend sur le domaine résidentiel privé qui est le cœur de cet écrin vert.

Chêne remarquable sur une propriété.

Les règlements d’urbanisme (dernier en date : le PLU) et de protection du paysage (AVAP) définissent l’arbre comme étant une valeur patrimoniale forte à protéger au même titre que les lacs, pelouses, rivières et autres témoignages des diverses formes d’expression architecturale.

Les abords du Lac de Croissy en hiver.

Les compositions paysagères aux ambiances rythmées par les saisons qui étalent leurs palettes de couleurs suscitent l’admiration du promeneur. C’est en cela que le Vésinet est un site exceptionnel dont nous devons prendre soin.

L’espace boisé : un patrimoine fragile et menacé

L’urbanisation et le morcellement des parcelles, parfois le manque de civisme, grignotent insidieusement cet espace boisé séculaire. La minéralisation des sols, les infestations parasitaires, altèrent son rôle de vecteur de biodiversité majeure. Il nous faut donc être attentifs à entretenir et régénérer constamment cet écrin pour qu’il reste pérenne.

Ci-dessous, l’exemple de l’abattage d’un chêne séculaire sur une parcelle morcelée, pour élever un nouveau bâtiment…

D’autres abattages sauvages récents (2016) …

Route de Montesson : déboisement en vue d’une extension.

 

Avenue des Courlis : Abattage d’un chêne sain sur un terrain boisé récemment construit.

Le préalable à toute intervention touchant au patrimoine arboré (tous les arbres) passe par une consultation du service compétent de la Ville qui apportera ses conseils et rappellera les règles en vigueur.

Contactez le Service Ecologie urbaine et Environnement. Après rendez-vous, un technicien se rendra sur place pour valider l’intervention. (Secrétariat au 01 30 15 47 28).

Les différents couverts arborés

Par convention, la désignation des couverts arborés est celle utilisée dans le règlement de l’AVAP.

Les essences

D’après les plus récentes études menées en 2012 et 2013 par la Ville, on recense plus de 43 000 arbres (160 espèces et variétés) dont le couvert total occupe 63% du territoire communal. 90% des arbres sont à feuilles caduques. 10% sont des conifères.
18% de chênes (soit environ 7600 sujets), 16% d’érables, 15% de marronniers, 12% de tilleuls, 4% de pins (sylvestres, noirs d’Autriche), 580 cèdres.

Avenue Kléber / allée de la Meute, ensemble de chênes. La propriété à droite s’appelle « La Rouvraie »

Le couvert arboré originel

Il fait référence au boisement forestier à dominante de chênes, de pins, et de charmes, essences endémiques de la forêt domaniale.

Pins noirs, route de Montesson.

Le couvert arboré secondaire

Il correspond aux essences plantées depuis la création de la ville-parc (marronniers, érables planes, platanes, peupliers, noyers, catalpas…) Ce couvert dont certains arbres sont remarquables, confère aujourd’hui une ambiance paysagère différente, plus diversifiée que celle existant initialement.

 

Groupe de marronniers sur la Pelouse du Moulin

Les arbres « exotiques »
De nouvelles essences d’origines très diverses, introduites pour répondre à des soucis d’esthétique plus originaux ont été plantées lors de l’aménagement des parcs et jardins privés ou publics. Ce sont souvent des sujets isolés et de grande taille (cèdre, séquoia, épicéa, hêtre, sapin, ginkgo biloba …). Certains de ces arbres devenus séculaires sont identifiés comme remarquables.

Cèdre, boulevard de Belgique

Les arbres « remarquables »
Certains sujets sont dits remarquables parce qu’ils ont été remarqués et qu’on les a identifiés et classés comme tels. Ils sont définis suivant des critères touchant à leur envergure, leur essence, leur impact sur le paysage, leur intérêt historique, leur aspect. Les services municipaux ont ainsi classés 371 sujets présentés en annexe du projet de règlement de l’AVAP (octobre 2016).

Chêne du domaine public, avenue de Lorraine

 

Pin noir du domaine privé, allée des Genêts.

 

 L’entretien du patrimoine arboré

Le chêne est un arbre rustique, adapté à la nature du sol du Vésinet, mais sa présence est en déclin. Il a fallu attendre la célébration du centenaire de la commune, en 1975 pour que l’on songe à replanter un chêne.  Depuis lors, de nombreux chênes ont été replantés sur les espaces publiques classés ; mais sur l’espace privé, rares sont les propriétaires qui font cette démarche. Afin de favoriser de telles plantations, le Syndicat d’Initiative et de Défense du Site accorde une subvention participative sous certaines conditions (à découvrir ici).

Le Chêne du Centenaire offert à la Ville en 1975 par l’ancien champion cycliste Julien Rudolphe (Cliché sidsv, 2016)

 

 La plantation ou la replantation d’un arbre

Le sol et les racines

Le sol du Vésinet est filtrant et moyennement fertile. Le choix de l’arbre doit être adapté à la nature du sol, sablo-calcaire et carbonaté. La fosse pour la plantation doit être large et suffisamment profonde pour permettre le déploiement des racines dans un milieu humide (arroser régulièrement le sujet sur une période de deux à trois ans).

La formation de l’arbre

La taille s’effectue en hiver (dressage du tronc par la suppression des fourches et étranglements, remontée progressive de la couronne dans le rapport 2/3 de houppier pour 1/3 de hauteur de tronc de la couronne). Le tuteurage est important pour un bon ancrage des racines et une pousse verticale du tronc.

L’implantation de l’arbre

La distance à respecter par rapport aux limites séparatives est égale ou supérieure à 2 mètres (Code Civil, articles 670 à 673).

Le choix des essences pour la replantation

Un tableau d’essences adaptées au site (49 arbres à feuilles caduques et 9 conifères) est proposé par le Ville. Il est disponible au service Ecologie urbaine et Environnement. Sur les petites parcelles, le choix doit aussi tenir compte de l’étalement du houppier, la nature du feuillage dense ou clairsemé, la hauteur de l’arbre adulte.

Les principes à suivre pour la taille de l’arbre adulte

  • Quelle qu’en soit la cause, l’abattage ou l’élagage des arbres, qu’ils appartiennent au couvert originel ou qu’ils aient été planté depuis,  est soumis à autorisation délivrée par la mairie.
  • Tout arbre abattu doit être remplacé par un arbre de haute tige (article U.13 du PLU).
  • Un arbre en bon état sanitaire ne peut justifier d’un abattage s’il ne présente pas de risque avéré de sécurité.

Plusieurs critères sont à prendre en compte dans le choix de l’entreprise à qui confier la taille (le volume du houppier, l’essence, le voisinage, la sécurité, l’état phytosanitaire, la valeur patrimoniale…).

Trop souvent, les arbres sont élagués de façon drastique et irrationnelle, en dépit de règles conventionnelles. De beaux sujets, y compris des chênes séculaires, se retrouvent avec un tronc étêté, des ramures tronçonnées, et sont ainsi mutilés, déstructurés et fragilisés. A la merci des parasites, ces arbres voient leur fin accélérée. Une perte irréparable pour le patrimoine végétal de la ville-parc. Pour qu’un élagage soit efficace et non traumatisant (exemple d’une réduction de couronne) il doit être conduit par un professionnel respectueux des règles de l’art. Les services de la Mairie sont à même de fournir des adresses d’élagueurs reconnus pour leur compétence.

La taille douce, gage de préservation patrimoniale de l’arbre

Elle s’effectue à périodes régulières – de juin à septembre, tous les 2 à 3 ans suivant les sujets – et garantit le développement harmonieux de l’arbre, respectueuse de son port naturel sans atteindre ses parties vitales. Elle permet une cicatrisation rapide de la coupe, essentielle à la protection contre les attaques parasitaires.
La taille douce assure la pérennité de l’arbre. Elle consiste à supprimer les rameaux indésirables (drageons, gourmands, rejets de porte-greffe, branches trop proches du tronc) et à reprendre les coupes au droit des branches cassées, malades ou mortes, ou d’anciennes coupes mal réalisées.

Les arbres d’alignement ou en limite de propriété (tilleuls, marronniers, platanes, charmes…) nécessitent un élagage régulier qui leur donne leur forme et limite leur croissance intempestive. Ces élagages – qui ne s’appliquent pas à toutes les essences – se pratiquent selon des méthodes traditionnelles dites « en tête de chat » et/ou « en rideau ». Elles sont effectuées tous les deux à trois ans, en été ou en hiver, et ne nécessitent pas d’autorisation particulière de la mairie. Pour créer ou reconstituer un alignement, on veillera à ne choisir que des essences qui supportent une taille fréquente et une croissance maitrisée. Certains pépiniéristes proposent des arbres développés en rideau sur des châssis supports de guidage. Il en existe quelques exemples au Vésinet.

La taille en « tête de chat »

Les branches charpentières sont taillées au même endroit tous les deux ou trois ans et finissent par former une excroissance en forme de boule. Les jeunes rameaux peuvent être retaillés pour limiter la forme du houppier.

La taille en rideau

Les jeunes rameaux et les branches de faible diamètre sont taillés suivant un gabarit déterminé. Ce principe présente des avantages pour l’entretien en limites séparatives des parcelles de petites dimensions ainsi qu’en limite du domaine public longé par des lignes aériennes.

La protection des arbres en période de chantier

Les dispositions de protection mécanique des arbres (troncs et racines) d’une propriété doivent être signifiées à l’entreprise par le commanditaire des travaux pour éviter les risques de dégradation.

Exemple d’un érable dont l’écorce a été arrachée durant des travaux, cinq ans auparavant. La cicatrisation difficile engendre des risques de maladies accrues.

 

Ravageurs, maladies et carence, parasites, les plus fréquents

D’après le guide « Le livre vert des arbres du Vésinet »,  édité par le service « Ecologie urbaine et Environnement ».

Il est toujours prudent de se renseigner auprès de ce service pour diagnostiquer l’état phytosanitaire d’un arbre.

Le grand capricorne du chêne (Céramix cerdo)
Cet insecte, protégé en Ile de France («liste Natura 2000 »), s’installe essentiellement sur les sujets très âgés. On ne peut donc pas le détruire.

Sa larve (qui évolue pendant 3 à 4 ans) fore des galeries dans le tronc et les branches charpentières en mauvais état sanitaire.

Les parties aériennes de l’arbre dépérissent, l’écorce se détache par plaques. Les attaques fortes et répétées des larves dans le temps peuvent entraîner la mort de l’arbre.

 

La mineuse du marronnier (Cameraria orhidella)
La mineuse s’attaque aux feuilles des marronniers d’Inde à fleurs blanches. En revanche les feuilles des marronniers à fleurs rouges ne semblent pas en souffrir. Leur feuillage vernissé, plus épais attire moins le ravageur.
La mineuse, un petit papillon de moins de 3 mm, très prolifique, pond jusqu’à 1000 œufs sur les nervures des feuilles au milieu du mois d’avril. Ceux-ci se transforment en chenilles (25 à 50mm) une vingtaine de jours plus tard. Elles forent des « mines » pour se nourrir dans l’épiderme de la feuille.
Soixante jours après, la deuxième génération de papillons s’envole et s’étale sur le mois de juillet. Une troisième génération peut arriver au mois d’août en fonction des conditions météorologiques.
L’infestation des feuilles, qui se dessèchent et deviennent marron, s’étend progressivement à l’ensemble du houppier. Elles tombent prématurément pendant l’été. L’arbre est affaibli, mais sa santé n’est pas altérée.

Le feuillage des marronniers flétri par la Mineuse

Les moyens de lutte, actuellement très limités, consistent à ramasser les feuilles et les éliminer pour limiter l’infestation de l’année suivante car les larves passent l’hiver dans les feuilles mortes. Une autre solution est de suspendre des « pièges à phéromones », petits bocaux similaires aux pièges à guêpes, qui attirent les mâles avant la fécondation (taux de réussite moyen estimé à 45%).
Les traitements chimiques existent mais, peu efficaces, dangereux et onéreux, ils sont de surcroît nuisibles aux insectes pollinisateurs.

Les pucerons et acariens sur les tilleuls
Les insectes piquent les feuilles et se nourrissent de la sève en période de fortes chaleurs. Les acariens (araignée rouge ou jaune) s’installent sur la face inférieure des feuilles et provoquent leur décoloration (couleur bronze argent en juillet et août).
Les pucerons décolorent les feuilles par succion ; des taches jaunâtres apparaissent. Ils produisent une substance collante, le miellat, à partir duquel se développe un champignon, la fumagine, qui forme une couche noirâtre qui asphyxie les feuilles. Celles-ci dépérissent et tombent prématurément. L’arbre est affaibli. Les moyens de lutte : Arroser le feuillage en été lorsque cela est possible, traiter biologiquement à l’aide d’auxiliaires, ou encore, pulvériser des produits phytosanitaires homologués sur le feuillage. Le savon noir, est efficace mais il est difficile de traiter de grands arbres.

Les maladies causées par les champignons

L’oïdium
Ce champignon s’attaque aux feuilles de nombreuses espèces, chênes et érables en particulier. Il forme un feutrage de duvet blanc qui s’étale sur les feuilles et les jeunes rameaux. Les jeunes pousses sont déformées, les feuilles se dessèchent, l’arbre s’affaiblit. Le champignon se conserve sur les feuilles mortes tombées. Pour limiter la contamination, ramasser et évacuer ou brûler les feuilles mortes contaminées. En cas d’attaques importantes et répétées, traiter le feuillage (en mai) par pulvérisation de produits antifongiques.

Le black-rot
Ce champignon, favorisé par les printemps humides, infeste les feuilles de marronniers. On constate sa présence sur les feuilles, début juin, par l’apparition de taches aux contours anguleux et de couleur brun rouge surlignés d’un liseré jaunâtre. Il s’ensuit une nécrose et la déformation des feuilles. Les arbres sont affaiblis. Le traitement n’est à envisager que si la surface du limbe des feuilles est attaquée à plus de 50%. Attendre le printemps suivant (avril /mai) pour traiter avec des produits antifongiques homologués.

L’armillaire
Ce champignon est présent dans les racines et la terre. Il se nourrit des parties vivantes du bois, au niveau du collet et des racines d’ancrage de certains arbres (cèdre, pin, chêne, érable, bouleau, thuya). A leur pied, il forme des touffes de champignons à lamelles, couleur miel, avec une tache sombre sur la pointe du chapeau. L’arbre dépérit. Les feuilles jaunissent puis tombent. Le bois étant détruit, il y a risque de chute de l’arbre. Ce champignon peut aussi contaminer, par les racines, d’autres sujets sains, (exemple : les haies). Il faut arracher l’arbre malade, détruire les racines, aérer la terre et l’isoler des autres végétaux proches (creusement de tranchées).

La langue de bœuf
La langue de bœuf est un champignon annuel, de couleur brun-rouge qui apparaît sur le tronc des chênes et puise sa nourriture aux dépens du cœur de l’arbre. Il induit une pourriture du bois de couleur rougeâtre, se développant très lentement. Il n’y a pas de lutte envisageable.

Carence des sols calcaires

La chlorose ferrique
Les sols calcaires bloquent l’assimilation du fer, principal constituant de la chlorophylle, qui donne sa couleur au feuillage et favorise le développement de l’arbre. Il est cependant toujours possible d’amender le sol avec un apport de fer au pied de l’arbre lorsque l’on constate un jaunissement anormal des feuilles.

Les Parasites

Le gui
Le gui est une plante chlorophyllienne parasite de certains arbres comme les peupliers, les robiniers. Il forme des boules, qui colonisent les branches charpentières dans lesquelles ses racines puisent la sève. Il s’ensuit des zones de faiblesse et des risques de rupture des branches concernées. Ne pas attendre pour enlever les boules de gui lors de la taille des arbres.

Le lierre
Cette liane grimpante peut atteindre 20 mètre de haut en se fixant sur l’écorce de l’arbre. Ses racines puisent leurs ressources dans la terre. Le lierre est néfaste au développement des jeunes arbres (déformation, étouffement). En revanche, les vieux arbres s’accommodent très bien de sa présence. Arracher régulièrement les lierres en les coupant à la base. Ne pas utiliser de produits chimiques.

Conclusion

Au Vésinet, l’arbre est un être vivant dépositaire de l’histoire de la commune. Il structure le paysage, assume un rôle social et environnemental (cadre de vie, respiration urbaine, équilibre du biotope, régulation de la température, maintien des sols, …).
Il peut lutter contre ses prédateurs naturels qui participent aussi à l’équilibre biologique, mais il subit également l’expansion d’un milieu urbain hostile qui met en péril son existence. C’est pourquoi il doit faire l’objet de toutes les attentions quant à sa protection et son entretien.

Sources d’information
Les recommandations du PLU (article U. 13) correspondant au secteur concerné pour les distances d’implantation et de protection.
Les règles relatives à l’insertion paysagères de l’AVAP.
L’implantation des arbres par rapport aux limites séparatives. Code Civil (articles 670 à 673).